#3 – Découpage/Photo
Fashioncut
Ce travail porte sur les images des magazines, images très codifiées, porteuses d’une beauté irréelle qui nous est imposée et qui tous les jours vient défier notre regard sur nous-même. Les découper, les retravailler c’est reprendre la main et imposer mon propre regard sur elles.
Depuis toujours je nourris une relation ambigüe avec les magazines, d’une part une fascination pour leurs images de papier glacé, la créativité qui les remplit, les couleurs de leurs photos, le toucher de leurs pages, la promesse de leur épaisseur. D’autre part une détestation de leurs messages, de leurs visions uniformisées et parfaites du monde qui nous rappellent tout ce que nous ne sommes pas.
Leur découpage est un jeu, un moyen de reprendre le pouvoir sur eux, de les faire taire. Rendre incompréhensibles leurs messages. Lutter contre la violence des images, les trancher au scalpel comme réponse à leur violence symbolique. Ce geste qui évoque celui des chirurgiens plastiques joue avec l’épaisseur du magazine, sa matière, ses couleurs, sa sensualité. Le magazine devient alors un simple matériau soustrait de sa substance signifiante pour devenir sculpture puis photographie. Comme le blanc en peinture, le tranchage est une manière de faire taire dans une même quête de silence et de protection.
This project focuses on pictures in fashion magazines, which are extremely codified images portraying an unreal beauty, imposing upon us a constant questioning of our own image and identity. Cutting these images and disturbing them is a way to reverse the situation, take power over them and impose my own vision upon them.






